Philippe Ramette

Exposition

Photographie, sculpture

Philippe Ramette

Encore 4 jours : 15 octobre → 3 décembre 2022

Philippe ramette 12 1 grid Philippe Ramette — Galerie Xippas Chez Xippas, Philippe Ramette déploie les figurines d'une histoire qui se joue dans les songes burlesques d'un imaginaire ambivalent. Entre mise en scène de soi et souci d'en révéler l'autre, la déclinaison de saynètes donne corps à l'absurde.

La galerie Xippas a le plaisir de présenter la 6ème exposition personnelle de Philippe Ramette dans son espace parisien.

C’est dans la continuité de ses œuvres précédentes, présentes dans l’espace public que Philippe Ramette convoque sa silhouette désormais familière, à travers onze nouvelles sculptures et une photographie inédite.

Un personnage en bronze, support à la représentation fidèle de l’artiste, mais d’échelle domestique, formalise les étapes et les états d’introspection et de doute, mais non moins constructifs, que constitue le processus créatif : un cheminement ponctué de questionnements, de renoncements et de déterminations. Expression d’images mentales plutôt que d’objets figés, l’ensemble crée un scénario où le spectateur est invité à se projeter, interpelé par la représentation formelle des états d’âme de l’artiste, mais où les œuvres convoquent nos limites communes.

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Vue de l’exposition Philippe Ramette, Xippas, Paris Galerie Xippas, Paris, 2022

Eloges du déséquilibre, de l’introspection et de la déambulation où l’artiste s’appuie sur le vide avec toute la nonchalance dictée par l’énoncé de leur titre ; Eloge de l’insatisfaction où la statue à l’effigie de l’artiste déploie sa force à repousser les limites, un mur. Ironie de la situation avec le Sculpteur allant travailler sur le motif où la statue porte un socle en pierre sur son dos ; Eloge de la procrastination dont la sculpture dans une attitude attentiste fait une pose adossée à son socle. De la formalisation de processus mentaux dictés par les titres résultent des postures improbables qui conduisent à l’ironie voire parfois à l’absurde. En témoigne, cette silhouette désarticulée, Eloge du doute où le personnage est envahi au point de subir une perte de contrôle totale, mentale et physique. Il se tord le cou et les membres tentant à la fois de « voir le chemin parcouru », mais d’aller de l’avant. Proposition de monument en l’honneur de ceux qui se trompent toujours de direction où dans une posture mêlant l’emphase à la conviction, l’artiste désigne une direction. Ici la détermination énoncée de la posture entre en contradiction ironique avec une certaine mélancolie du titre. Enfin, Pas perdu retrouvé figure l’empreinte d’une chaussure figée dans le bronze, un pas qui s’il était égaré manquerait à la réalisation de l’intégralité d’un parcours, un pas sans lequel nul ne saurait poursuivre son œuvre. Chaque sculpture se distingue par un choix de pierres et de patines de couleur différentes allant du noir, au doré ou au vert. Elles nous rappellent les sculptures du XIXe et XXe qui ponctuent l’espace public, mais évoquent avant tout un espace de création atemporel qui se prête à toutes les réactivations possibles.

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Vue de l’exposition Philippe Ramette, Xippas, Paris Galerie Xippas, Paris, 2022

Puis, il y a Allégorie de la création. Cette photographie inédite atteste également de la réactivation du principe déjà mise en place dans ses premières œuvres, à savoir l’utilisation des objets-prothèses par l’artiste-modèle. Pour cette image, Philippe Ramette s’est emparé d’une sculpture présentée dans l’exposition, une sorte de casque-arrosoir en laiton. Cet objet s’inscrit dans la lignée d’un corpus d’œuvres, les Objets à réflexions où un jeu de mots entre le sens littéral du matériau réfléchissant utilisé et la fonction énoncée de l’objet fait aphorisme. Philippe Ramette pose pour la photographie, cet arrosoir juché sur la tête. A travers cette mise en scène d’un personnage-artiste, un paysage méridional en arrière-plan, il nous propose une utilisation possible de cet objet-sculpture, sorte de réceptacle d’idées, d’intuitions voire d’émanations divines. Cet objet qui nous permettrait en le portant de filtrer le fruit de ces récoltes et de possiblement faire œuvre.

Né en 1961 à Auxerre, France, Philippe Ramette vit et travaille à Paris. L’œuvre de Philippe Ramette est visible dans divers espaces publics : sa sculpture Eloge du pas de côté, installée place du Bouffay à Nantes en 2018 pour le festival Voyage à Nantes, est devenue pérenne, ainsi que L‘Éloge de la transgression présente également à Nantes dans la cours Cambronne. Une installation d’envergure, Eloge du déplacement est visible à Nice depuis 2018 le long de la nouvelle ligne de tramway. Plusieurs expositions personnelles lui ont été consacrées récemment en France et à l’étranger, notamment au Voyage à Nantes, France (2018), Polygone Riviera, Cagnes-sur-Mer (2017), Centre régional d’art contemporain, Sète, France (2016), à l’Espace Malraux, Chambéry (2016), Vitrines sur l’art, sous la Coupole des Galeries Lafayette, Paris (2014), à l’Institut Français, Lasi, Roumanie (2014), à la Fondation Pablo Atchugarry, Punta del Este, Uruguay (2013), une exposition itinérante en Inde à l’Alliance Française (2012-2013). En 2017, son travail fera l’objet d’une exposition personnelle au Parvis, Scène nationale Tarbes Pyrénées, ainsi qu’à l’Entrepôt 9, galerie Barnoud, Dijon. Ses œuvres font partie des collections muséales et privées dont Centre Georges Pompidou (Paris), Fonds National d’Art Contemporain (Paris), MAC/VAL (Vitry-sur- Seine), MAMCO (Geneva), Maison Européenne de la Photograhie (Paris), SMAK, Museum Van Hedendaage Kunst (Gand), Israel Museum (Jerusalem), Fondation Neuflize (Paris), Société Générale (La Défense, France).