Robert Cottingham — Fictions in the Space Between

Exposition

Dessin, peinture

Robert Cottingham
Fictions in the Space Between

Encore 13 jours : 8 novembre → 21 décembre 2019

Robert cottingham gp n vallois galerie paris 1 1 grid Robert Cottingham — Galerie GP & N Vallois L’œuvre du peintre américain, né en 1935, est présenté pour la première fois dans les deux espaces de la galerie Georges-Philippe e... 2 - Bien Critique

« La pollution visuelle qui nous suffoque au quotidien, où les images véhiculées par le Web et les réseaux sociaux dirigent désormais notre manière de voir et d’être vus, n’est pas sans lien avec le fait que l’Hyperréalisme intéresse de nouveau une jeune génération d’artistes. Apparus à peu d’années d’intervalle, le Pop Art puis le photoréalisme reçurent d’abord le même accueil glacial : était-ce la critique ou la célébration d’un royaume de la consommation, de la généralisation de la laideur, et d’un urbanisme sans urbaniste ? Les deux furent discrédités pour le manque de professionnalisme des artistes : après tout, ces peintres ne se limitaient-ils pas à « copier » des objets et/ou des photographies, qu’ils se contentaient les uns et les autres d’agrandir ?

Ce qui ressemblait à du cynisme nous semble aujourd’hui d’une incroyable fraicheur ; ce qui se faisait passer pour des copies a été depuis célébré comme de la peinture, dont nous redécouvrons, aujourd’hui, autant la complexité que la virtuosité formelle. Aussi faut-il se pencher de plus près sur ces toiles qui ressemblent à des images mais qui sont bien, de près, des tableaux. […] Loin d’être simplement contemporains, les motifs [de Robert Cottingham] évoquent un monde d’avant-guerre, le monde de son enfance ainsi que de nombreux clins d’œil à l’art moderne et ses poncifs. Le rapport entre l’image et la photographie, entre le mot et la peinture, étant un des grands sujets de la modernité. Aller au-delà du motif, retrouver la peinture y compris abstraite, par le biais de la photographie, est une démarche complexe qu’il assume plus clairement que d’autres peintres du « mouvement ». Sa démarche autant conceptuelle que photographique, laisse place à un contenu, bien plus littéraire et humain qu’il n’y paraît. Si bien que dans sa peinture, on peut voir autant d’abstraction que de représentation.»1

La Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois présente pour la première fois le travail de l’artiste américain hyperréaliste Robert Cottingham, poursuivant, après l’exposition en juin 2018 de John DeAndrea, son exploration de ce mouvement né aux USA au début des années 1970. L’exposition « Fictions in the Space Between » parcourt l’ensemble de la carrière de l’artiste. Alors qu’au 36 rue de Seine sera présenté un ensemble d’huiles sur toile (datées entre 1991 et 2019) accompagnées de leurs études préparatoires, notre second espace du 33 prendra la forme d’une rétrospective de ses œuvres sur papier ; depuis les Villas Hollywoodiennes de 1969 aux tous récents Flacons de parfum, l’exposition témoignera de la richesse de cette œuvre hyperréaliste, où l’on retrouvera également les enseignes lumineuses qui l’ont rendu célèbre, les trains, les machines à écrire, les appareils photos ou encore les pièces mécaniques.

1 Extrait de « Robert Cottingham », monographie richement illustrée avec les contributions de Marco Livingstone, Camille Morineau ansi que Pauline Créteur.