Tal R — domestic

Exposition

Peinture

Tal R
domestic

Dans 9 jours : 17 janvier → 28 février 2026

La Galerie Max Hetzler, Paris, a le plaisir de présenter domestic, une exposition personnelle de nouvelles peintures et sculptures de Tal R. Il s’agit de la deuxième exposition de l’artiste avec la galerie, et de sa première dans l’espace parisien.

Inspirée de scènes de la vie quotidienne de l’artiste, domestic présente un nouveau corpus d’huiles sur toile et de sculptures en bronze patiné, toutes réalisées en 2025. À travers un vocabulaire artistique singulier mêlant formes abstraites et couleurs vibrantes, Tal R ouvre une fenêtre sur son univers intime, distillant l’essence de ses proches en des portraits d’une troublante familiarité. Peintures et sculptures forment ensemble un curieux puzzle visuel oscillant entre expérience personnelle et récit universel. À l’image de pellicules conservées comme des souvenirs dans nos téléphones, les œuvres de Tal R capturent des fragments de moments suspendus, puisés dans sa banque d’images personnelle. Bien qu’inspiré par son entourage, Tal R crée différentes versions de ses œuvres, de sorte que ses sujets passent progressivement du registre personnel au collectif. Transposées dans le langage de la peinture et de la sculpture, ses figures trouvent leur différence dans la répétition, naviguant entre réalité et fiction.

Parmi les peintures, on trouve plusieurs portraits de femmes aux traits abstraits, dans des intérieurs richement décorés, comme dans Cherry Dress ou Emma Reading. Évoluant avec aisance à l’intérieur et à l’extérieur de la figuration, les palettes de couleurs et les motifs, ainsi que les postures et les formes des sujets, évoquent l’œuvre d’Edvard Munch (1863–1944) ou d’Henri Matisse (1869–1954). Dans un autre tableau, un enfant déguisé en chat regarde ses pieds, les sourcils froncés et les cheveux en bataille. Intitulée Cat Costume, la composition nous rappelle que Tal R peint souvent ses sujets — en train de lire, de se prélasser, de dormir ou de danser — jusqu’à la caricature, mais sans ironie. Une chose fascinante pour un artiste, explique-t-il, est de devoir inventer un langage pour tout ce qui existe : un nez, une coiffure, un froncement de sourcils. Dans plusieurs œuvres, notamment Night Window and Gone et Children Sleeping, la nuit elle-même devient une source d’inspiration pour l’artiste. Dans ce dernier tableau, deux enfants dorment dans un lit, blottis sous un drap de peinture noire marbrée. À quoi rêvent ces enfants endormis alors que nous les observons ? Que signifie regarder quelqu’un qui est « ailleurs » ? Une œuvre réussie, selon Tal R, possède plusieurs points d’accès et s’ouvre à de nombreux regards.

En opposition aux compositions épurées comme celle de Woman on Sofa, certaines œuvres telles que Orange Room ou encore Reading Dostojevskij regorgent de détails minutieux : lampe de chevet, peluches, coussins, animaux, tapis ou arbres en fleurs. Pour décrire ce lexique si singulier qui puise dans les détails du quotidien tout en refusant toute hiérarchie entre formes et matériaux, Tal R se réfère souvent au terme hébreu kolbojnik, qui signifie « les restes ». Il emprunte d’ailleurs souvent au vocabulaire culinaire, comparant sa pratique à la préparation d’une lunch box, ou à une marmite en ébullition dans laquelle il jetterait toutes sortes d’ingrédients. Amusants, énigmatiques, voire surréalistes, ces motifs — comme les pistes d’un jukebox — sont placés sur un pied d’égalité avec les sujets eux-mêmes, faisant émerger la notion de domesticité. En examinant ces moments du quotidien souvent négligés, Tal R les rend visibles. Il ancre son travail dans l’ordinaire, le banal, le familier, pour mieux le transcender. En répétant les mêmes idées ou en peignant les mêmes sujets encore et encore, ils passent du personnel à l’universel et rejoignent le domaine de l’art.

L’exposition présente également plusieurs sculptures en bronze, dont les courbes et les formes imposantes reprennent le même langage visuel que les peintures, créant un va-et-vient fluide où les connaissances acquises dans un médium nourrissent l’autre. Comme pour les peintures, une posture ou une expression suffit à Tal R pour commencer une sculpture, avec peut-être encore plus de liberté et de spontanéité que sur une toile. Très abstraites, ces figures — dont certaines présentent un torse plat évoquant des bas-reliefs — arborent souvent des mains et des pieds exagérément grands. Il en résulte des silhouettes élancées et dégingandées, à la fois intemporelles et contemporaines.

Enfin, comme pour ses peintures, les sculptures de Tal R sont parsemées de références à ses prédécesseurs : des traits et des marques gravés en surface rappellent la célèbre série Graffiti de Brassaï (1899–1984). De même, sa manière particulière d’ajouter ou de retrancher de la matière pour façonner une figure doit beaucoup au processus de Hans Josephsohn (1920–2012). Comme il le rappelle souvent, une œuvre d’art devrait pouvoir être décrite au téléphone, en quelques mots simples. Pourtant, ce qui semble au premier abord léger ou joyeux révèle souvent une étrangeté inattendue, comme dans un rêve où l’espace et le temps semblent se déformer. Questionnant la relation entre ce qui existe dans le monde et ce qui peut être imaginé, les œuvres de domestic nous rappellent que l’art, comme tout le reste, naît de ce qui nous entoure.

Tal R (né en 1967 à Tel Aviv) vit et travaille à Copenhague. Le travail de l’artiste a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles dans des institutions telles que Ravinen Kulturhus, Båstad (2024) ; Palazzo Experimental, Venise (2023) ; Kunsten Museum of Modern Art, Aalborg ; Malmö Art Museum ; Museum MORE, Gorssel ; Artipelag, Stockholm (tous 2022) ; Ordrupgaard, Charlottenlund (2021) ; Glyptoteket, Copenhague (2020) ; Hastings Contemporary (2019) ; MOCAD, Detroit (2018) ; Louisiana Museum of Modern Art, Humlebæk ; Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam (tous 2017) ; Institut für Moderne Kunst, Nuremberg (2016) ; ARoS Aarhus Kunstmuseum ; Pinakothek der Moderne, Munich (tous 2013) ; Kunsthalle Düsseldorf ; Museu Brasileiro da Escultura, São Paulo ; Museum Kunstpalast, Düsseldorf (tous 2012) ; Der Kunstverein, Hambourg (2011) ; Centro de Arte Contemporaneo, Malaga (2009) ; Essel Museum, Klosterneuburg (2008) ; BonnefantenMuseum, Maastricht ; Camden Arts Centre, Londres ; Kunsthalle Mannheim (tous 2007), entre autres.

Les œuvres de Tal R figurent dans les collections de : ARoS Aarhus Kunstmuseum ; Art Institute of Chicago ; Berlinische Galerie, Museum für Moderne Kunst, Berlin ; The Bronx Museum of the Arts, New York ; Centre Pompidou, Paris ; Hammer Museum, Los Angeles ; K11 Art Foundation, Hong Kong ; Louisiana Museum of Modern Art, Humlebæk ; Kiasma, Helsinki ; Moderna Museet, Stockholm ; Museum Abteiberg, Mönchengladbach ; Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam ; Museum Kunstpalast Düsseldorf ; Statens Museum for Kunst, Copenhague ; Walker Art Center, Minneapolis, entre autres.

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46 & 57, rue du Temple

75004 Paris

T. 01 57 40 60 80

Site officiel

Hôtel de Ville
Rambuteau

Horaires

Du mardi au vendredi de 10h à 18h
Les samedis de 11h à 19h

L’artiste

  • Tal R