The Human Thread

Exposition

Techniques mixtes

The Human Thread

Dans 11 jours : 23 → 27 septembre 2026

Chaque culture invente ses propres modes de transmission, ses propres manières de faire voyager le savoir à travers le temps. Archives, manuscrits, monuments, cartes et collections en préservent une part précieuse. S’ils ont constitué le cadre privilégié dans lequel les traditions pouvaient être consignées, authentifiées et léguées. Pourtant, ils n’en ont jamais porté seuls la charge. La mémoire s’est toujours transmise autant par les êtres que par les documents, autant par les gestes que par les traces qu’ils laissent derrière eux.

L’Asie centrale en offre un exemple particulièrement saisissant. Au fil des siècles, les frontières se sont déplacées, les empires se sont élevés puis effondrés, des populations entières ont migré ou été déplacées, faisant de cette région un espace de transformations permanentes. Les épisodes répétés de censure ont souvent révélé les limites des institutions officielles lorsqu’elles prétendaient garantir à elles seules la continuité culturelle. Ce qui a traversé le temps n’était pas uniquement ce qui avait été conservé dans les archives, mais ce qui demeurait vivant dans la circulation quotidienne des savoirs.

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Huseyn Jalil, Peori, 2026 (Detail) — Traditional Persian pigments on cotton paper — 77 x 57 cm Courtesy of the artist & FORA Gallery, Geneva

La culture a perduré parce qu’elle était pratiquée. Elle habitait les corps : dans les gestes du tissage et de la broderie, dans la préparation des repas, dans le travail de la terre, dans les rites du deuil et de la célébration, dans les architectures façonnées par le climat et le paysage, dans les récits transmis de vive voix, dans la musique, l’artisanat et ces innombrables gestes par lesquels une génération apprend à la suivante comment habiter le monde. Ces pratiques portaient des formes de mémoire collective qu’aucun document ne pouvait contenir entièrement.

Elles ne se substituaient pas à l’archive ; elles en élargissaient les contours et en redéfinissaient le sens. Aujourd’hui, l’art prolonge cette fonction de transmission. Il ouvre un espace où le savoir peut trouver une continuité à travers des pratiques à la fois individuelles et collectives. Bien avant d’être enregistré, classé ou catalogué, le savoir est porté par le corps, transmis par les mains, inscrit dans l’expérience vécue.

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Altynai Osmo, Venus I, 2024 — Ink, cupronickel, zircon on handmade hanji paper — 26 x 26 x 3 cm Courtesy of the artist & FORA Gallery, Geneva

Réunissant quatre artistes contemporains majeurs dont les recherches dialoguent avec les systèmes culturels et les traditions d’Asie centrale, FORA Gallery a le plaisir de présenter son programme d’automne avec The Human Thread. L’exposition envisage l’art contemporain comme l’une des expressions de ce continuum vivant, où mémoire, savoir-faire et transmission demeurent intimement liés. Guzel Zakir, Huseyn Jalil et Serafim Dim, aux côtés de l’artiste invitée Altynai Osmo, explorent les multiples strates culturelles de la région à travers les pratiques textiles et la broderie, les pigments et les traditions orientales de l’écriture et de la peinture, les principes architecturaux et structurels, les récits oraux, les rituels du quotidien ainsi que les formes de savoir écologique profondément enracinées dans les pratiques locales. Les œuvres issues de ces recherches offrent de nouvelles manières d’appréhender la région elle-même — ses paysages, ses matières et les couches successives de son histoire.

Guzel Zakir
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Guzel Zakir, Qamchegul Qizlar, 2023 — 160 x 160 cm — Oil on linen Courtesy of the artist & FORA Gallery, Geneva

Guzel Zakir puise dans l’héritage de la communauté ouïghoure du Kazakhstan à travers un vocabulaire récurrent de figures féminines peintes en rouge. Inspirées des femmes qui l’entourent, ces présences incarnent les rituels du quotidien et les formes de solidarité qui structurent la vie collective. Imprégnées de traditions séculaires, elles prennent soin les unes des autres, se coiffent mutuellement, partagent le thé dans des piyalas traditionnelles et se parent de petites fleurs évoquant des grappes de raisin suspendues, connues localement sous le nom de Qamchegül, portées derrière l’oreille selon une coutume ancestrale. Le rouge occupe une place essentielle dans cet univers visuel. Inspirée par les anciennes fresques bouddhiques ouïghoures des « Grottes Rouges » du Xinjiang, Zakir en fait une couleur de mémoire, d’identité et d’appartenance.

Huseyn Jalil
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Huseyn Jalil, R-03, 2026 (Detail) — Ceramic with custom glaze — 47 x 30 x 30 cm Courtesy of the artist & FORA Gallery, Geneva

Huseyn Jalil aborde quant à lui la tradition à travers une réflexion sur la matière, la structure et les processus de formation. L’exposition présente plusieurs sculptures issues de sa série récente, Polytypes. En s’appuyant sur des principes communs à la croissance cristalline, à l’accrétion minérale et à la morphogenèse biologique, Jalil explore les logiques d’organisation de la matière et les conditions de son équilibre interne. Ses œuvres révèlent des systèmes de croissance où la forme semble émerger selon ses propres lois. Cette recherche se poursuit dans ses œuvres sur papier, où l’artiste s’intéresse au comportement du pigment à la surface. Les rythmes et les modulations chromatiques qui en résultent évoquent les motifs de l’ikat ainsi que les traditions régionales de peinture sur soie. Jalil dialogue également avec les usages orientaux du pigment, notamment ceux liés à la calligraphie persane, tout en intégrant des pigments naturels issus de matières organiques et minérales.

Serafim Dim
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Serafim Dim, BOG’, 2025 — Print on fabric — 126 x 180 cm Courtesy of the artist & FORA Gallery, Geneva

Pour Serafim Dim, la continuité culturelle s’incarne dans l’artisanat, le mythe et la transmission directe du savoir du maître à l’apprenti. Son travail s’inspire des imaginaires traditionnels d’Asie centrale, des anciens rituels saisonniers et des relations que les sociétés entretiennent avec leur environnement. Au cœur de cet univers apparaît Ajdaho, dragon mythologique associé à l’eau, à la pluie et aux puissances de la nature. Dans l’interprétation de Dim, Ajdaho devient le gardien du savoir-faire : une présence tutélaire qui accompagne l’artisan, guide la main du maître et se transmet d’une génération à l’autre. L’artisanat apparaît ainsi comme un réservoir d’expériences accumulées, préservées non dans les livres mais dans l’acte même de créer.

Altynai Osmo
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Altynai Osmo — Albarsty, 2026 — Felt, sterling silver, zircon, horse hair, stone — 33 x 18 x 13 cm Courtesy of the artist & FORA Gallery, Geneva

Altynai Osmo aborde la mémoire culturelle de l’Asie centrale à travers les relations entre image, matière et langage. Dans ses compositions, le feutre, la broderie, le pigment, le métal et le texte forment un ensemble de systèmes interdépendants. L’ornement structure la surface, la broderie en impose le rythme, tandis que l’écriture ouvre un autre registre de signification. En intégrant proverbes et dictons dans la trame brodée, Osmo réunit deux formes de transmission qui ont longtemps coexisté : le savoir préservé par le geste et celui conservé par la parole.

Déployée en deux volets, l’exposition se présente à :

Paris, France 45, rue Vivienne Du 23 au 27 septembre 2026

Genève, Suisse 13, Grand-Rue Du 1er au 7 octobre 2026

FORA Gallery, Paris Showcase Galerie
Plan Plan
02 Paris 2 Zoom in 02 Paris 2 Zoom out

45, rue Vivienne

75002 Paris

Site officiel

Grands Boulevards

Les artistes

  • Altynai Osmo
  • Huseyn Jalil
  • Serafim Dim
  • Guzel Zakir