Glen Baxter — The Response from the Parisian Art Critics is Swift and Decisive

Exposition

Dessin

Glen Baxter
The Response from the Parisian Art Critics is Swift and Decisive

Dans 2 jours : 23 mai → 20 juin 2026

Première exposition de Glen Baxter à la galerie Semiose, elle tient lieu d’hommage à l’artiste, disparu le 29 mars dernier à Londres. Glen Baxter avait pu préparer avec Semiose ce projet prévu de longue date, entérinant le début d’une nouvelle collaboration.

L’exposition est constituée d’un ensemble d’œuvres sur papier, qui figurent également dans le livre d’entretien récemment publié par Semiose, dans la collection “Face à face”. En effet, quelques semaines avant sa disparition, Glen Baxter s’est longuement entretenu avec le conservateur et directeur de musée Bernard Blistène. Au cours de cette conversation, Glen Baxter détaille avec enthousiasme et humour ses débuts dans les cercles de la St. Mark’s Church à New York, ses admirations pour le cinéma de genre et le théâtre de l’absurde, ses recherches de brouillages entre texte et image. Reconnaissables entre tous, déroutants de nonsense et vifs comme des traits d’esprit, ses dessins bavards célèbrent les vertiges des accidents de langage. Avec élégance, ils associent une prose recherchée avec des images populaires au caractère suranné, dans une effet disjonctif total. Bernard Blistène juge ainsi : « J’aime aussi l’idée selon laquelle il n’y a rien à “décoder” dans votre œuvre et que, très vite, il y a une forme d’appauvrissement pour le spectateur s’il tente de l’expliquer. La force de la proposition tient sans doute dans la tension qu’elle procure. C’est probablement pourquoi je ne vois pas de “sens caché” dans vos œuvres, mais plutôt quelque chose qui relève d’une expérience singulière où le sens produit ne donne aucune signification. Et j’adore ça ! »

Cet entretien dégage de l’œuvre des filiations historiques et démasque sa véritable critique sociale et anthropologique de l’art contemporain, sous couvert d’humour. On a souvent imaginé Glen Baxter dans les marges de l’illustration inoffensive : au contraire, il a tout de la subversion corrosive des artistes apparus dans le sillage du Pop art, réutilisant les techniques de détournement de la culture populaire dans une critique acerbe. Comme le souligne Bernard Blistène, Glen Baxter cultive une position très singulière : « Pour autant, difficile de vous situer si ce n’est dans l’espace de l’art contemporain dont vous semblez souvent être le chroniqueur ironique, jouant sur les décalages du monde que vous faites observer par vos propres personnages. J’aime que vous exposiez l’écart sans le combler, sans imposer la moindre réponse, que vous le laissiez en quelque sorte à l’air libre. »

Extraits :
« Il y avait dans les années 1960 une librairie, à Charing Cross Road, à Londres. On y trouvait beaucoup de petits magazines américains, de la poésie d’avant-garde et de la poésie new-yorkaise. Et il y régnait une atmosphère qui me plaisait. J’ai alors commencé à lire beaucoup
des livres qu’ils distribuaient, notamment ceux de deux poètes américains, Ron Padgett et Larry Fagin. Larry publiait un petit magazine agrafé intitulé Adventures in Poetry, distribué dans quelques librairies ici ou là. Nous sommes entrés en contact et je lui ai envoyé quelques-uns de mes petits poèmes en prose. Il les a aimés et les a publiés aux États-Unis dans son magazine. Rien de spécial, vous savez ! Puis, ils m’ont invité à New York. Je n’arrivais pas à y croire, car je n’avais eu aucune réaction ici. Je n’avais jamais rencontré personne qui partageait mon intérêt. Bref, je suis allé à New York, à l’église St. Mark’s en 1974. Je n’avais jamais lu quoi que ce soit à haute voix. Et voilà que j’allais lire mes poèmes dans cette célèbre église, ce haut lieu artistique où avaient évolué des personnalités telles que William S. Burroughs, Merce Cunningham, etc. Et j’allais être là, à parler à tous ces Américains. J’étais pétrifié ! »

« J’écrivais donc des poèmes en prose. Parallèlement, les romans-collages de Max Ernst m’ont toujours intrigué. J’étais fasciné par l’apparence de décalage qui s’en dégageait. Je voulais faire quelque chose de similaire, mais ça n’était pas une bonne idée de suivre cette voie et d’utiliser des gravures victoriennes pour produire mes œuvres. J’essayais de trouver des sources d’inspiration en trainant dans les marchés aux puces ou les brocantes. C’est alors que j’ai trouvé ces vieux livres pour jeunes gens. Ils contenaient toutes ces images, que personne n’avait jamais utilisées en art. C’était comme un territoire vierge. J’ai donc commencé à collectionner ces livres, puis, d’une certaine manière, ma poésie a commencé à entrer en collision avec ces dessins. J’ai écrit de petites légendes en dessous, qui n’avaient absolument aucun rapport avec ce qui se passait dans les images. Ce que j’ai toujours trouvé génial, c’est ce frisson [en français dans le texte original] que l’on ressent quand on voit quelque chose, puisqu’on lit quelque chose qui n’a aucun sens. Votre cerveau essaie immédiatement d’établir un lien logique et il y a une sorte d’explosion. L’humour fait exploser votre cerveau. J’adore ça ! »

« Curieusement, grâce à Instagram, j’ai ressorti des dessins que j’avais faits il y a quarante ans, je les ai publiés et les gens ont réagi en disant : “Oh, de tout nouveaux Glen Baxter !” Non, je les ai faits il y a quarante ans, mais ils sont toujours drôles. Ils ne sont pas dépassés comme la plupart des dessins politiques — à part un ou deux très célèbres — qui nécessitent d’être expliqués car ils ont complètement perdu leur impact. Donc, être dépassé et en décalage. Oui, c’est exact. Être un outsider. Oui, tout à fait. J’adore tout ça. Être légèrement excentrique. Oui, encore une fois, c’est exact. À la manière dont Raymond Roussel était suffisamment excentrique pour être accepté par les surréalistes. »

  • The Response from the Parisian Art Critics is Swift and Decisive Vernissage Samedi 23 mai 11:00 → 20:00
04 Beaubourg Zoom in 04 Beaubourg Zoom out

42 & 44, rue Quincampoix

75004 Paris

T. 09 79 26 16 38

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