Giulia Andreani — Art Must Hang

Exposition

Dessin, peinture

Giulia Andreani
Art Must Hang

Encore 5 jours : 12 septembre → 19 octobre 2019

L’art doit pe(i)ndre.

Nombre de sources hétéroclites sont conviées dans cette exposition afin de formuler un questionnement sur la pratique du peintre, au contact de l’histoire de l’art, de l’histoire du féminisme, et, éventuellement, d’une histoire de l’art des femmes. Chaque œuvre fonctionne comme l’amorce de séries à poursuivre, où les maîtres « mâles » sont autant critiqués que célébrés, et où leurs homologues féminins font surface, émergeant de l’histoire de l’art. Du bourdonnement de l’actualité — lois anti-avortement, montées des fascismes, manifestants blessés dans des affrontements avec la police — surgissent des allégories, des histoires et des personnages.

La toile Demonstrationsbild I fait référence aux « peintures de manifestation » (Demonstrationsbilder), l’une des catégories de tableaux tolérées par le gouvernement communiste de la République Démocratique Allemande. Elle s’inspire d’une image d’archive datant des années 1970, documentant des rassemblements de femmes en faveur du droit à l’avortement en Italie. Trouvée dans la presse, cette image illustre un article évoquant le point de vue d’hommes politiques au sujet du féminisme : E ora lui dice, « et maintenant dit-il », une phrase au masculin commente l’histoire des femmes.

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Giulia Andreani, Chienne de combat, 2019 Acrylique sur toile — 65 × 81 cm,

L’aquarelle Art must hang. L’art doit pendre présente une manifestation de la même époque, s’imbriquant dans des attributs génitaux masculins, géométriquement dessinés.

Nudelntisch (spaghetti painting) représente des pin-ups attablées ingurgitant (ou régurgitant ?) des spaghetti qui évoquent des coulures de peinture. Elles renvoient à la fois à un cliché purement italien, et à une peinture post-perestroïka du peintre est-allemand Sighard Gille.

Art Must Hang? (swansong crochet deadpan painting) se construit à partir d’une photographie d’archive de Kippenberger et Oehlen, où ce dernier lit Les hommes dans la vie de ma mère, renversement du titre de l’édition allemande de Les femmes dans la vie de mon père, écrit par Vittorio Mussolini, le fils du dictateur. Dans ce moment de lecture inversée font irruption des figures féminines : deux petites filles, l’une sautant audacieusement, l’autre surgissant, accrochée par les pieds, et Elisabeth Taylor, qui fut peintre du dimanche dans The Sandpiper en 1965, et se masque ici en mère-corbeau grotesque s’attelant à un portrait de l’artiste Lili Reynaud Dewar. À leurs pieds s’agenouille un Josef Albers âgé, concentré à trier des feuilles : des archives ? des croquis, ou bien des pages de l’histoire du fascisme italien, avec la misogynie qui en découle ?