Hideyuki Ishibashi — Présage

Exposition

Photographie

Hideyuki Ishibashi — Présage

Encore 6 jours : 14 novembre → 21 décembre 2019

Hideyuki ishibashi galerie thierry bigaignon 12 1 grid Hideyuki Ishibashi — Galerie Thierry Bigaignon Avec sa série Présage, exposée en partie à la galerie Thierry Bigaignon, l’artiste japonais s’est aventuré dans la mémoire de ses r... 2 - Bien Critique

Dans le cadre de son programme annuel de soutien aux artistes émergents, la galerie Bigaignon présente cette année la série “Présage” de l’artiste japonais Hideyuki Ishibashi.

Depuis l’apparition de téléphones équipés d’appareils photos et le développement des appareils photos connectés, nous consommons chaque jour une quantité phénoménale d’images. Et pourtant, nous consacrons à chacune de ces images un temps de plus en plus court.

Partant de ce constat, la recherche artistique de Hideyuki Ishibashi s’attarde sur l’ambiguïté du regard que nous portons sur les images photographiques qui nous entourent et sur le sens que l’on donne à l’image. Pour l’artiste japonais, les photographies que nous rencontrons dans nos vies quotidiennes ne sont que des fragments d’images ; elles s’imitent elles-mêmes. Toute image n’est qu’une simple projection d’autres images que nous avons déjà vues, à un autre endroit, un autre moment. La photographie elle-même n’a pas de sens défini ni d’unité historique, mais c’est en étant dupliquée et répliquée qu’elle produit du sens.

Hideyuki Ishibashi a débuté ce projet intitulé Présage en dessinant ses propres rêves chaque matin au réveil. Il s’est ensuite engagé dans une véritable chasse aux trésors sur les marchés d’antiquité et sur Internet pour y trouver de vieilles photographies et autres cartes postales dont le contenu pouvait ici et là se rapprocher de ses dessins. Une fois désassemblées, morcelées, les images perdent leur sens premier et fournissent la matière première d’une toute nouvelle image, organisée comme une mosaïque, aux contours définis. Un long travail de fusion permet d’éliminer les indices de rupture entre les différents fragments, conférant à l’image l’aspect d’une photographie, naturellement altérée par les différentes étapes du processus.

En assemblant toutes ces images, en les fondant en une image unique, en proposant une nouvelle image créée artificiellement par un procédé complexe, le photographe cherche à provoquer la réflexion, à amener l’observateur à repenser l’ambiguïté de l’acte de « regarder ». Il interroge la photographie comme projection d’un imaginaire. Il fabrique le réel et manipule l’acte d’observation.

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Né au Japon en 1986, Hideyuki Ishibashi obtient sa licence en photographie aux Beaux-Arts de l’Université Nihon en 2009. Il intègre en 2018 la formation supérieure du Fresnoy — Studio National des Arts contemporains, au sein de la promotion Chantal Akerman. Son travail, qui s’exprime essentiellement à travers la photographie, a été présenté lors d’événements internationaux tels que Unseen Photo Festival et Breda Photo et lors d’expositions personnelles et collectives au Japon, en Corée du Sud et un peu partout en Europe. Nominé au prix Voies Off 2013 à Arles, où il a présenté ses travaux pour la première fois en France, il a été le lauréat, en 2014, du prix SFR Jeunes Talents Photo pour l’exposition « Micro-Macro » à Lille, puis à nouveau en 2018, de la Meijburg Art Commission à Amsterdam.