Plein Soleil

Exposition

Techniques mixtes

Plein Soleil

Encore environ 2 mois : 12 juin → 29 août 2026

GALLERIA CONTINUA est ravie de présenter l’exposition collective Plein Soleil, une exposition diffusée au sein de ses deux espaces parisiens, situés respectivement dans les quartiers du Marais et de Matignon. Les deux expositions rassemblent des œuvres de Adel Abdessemed, Ai Weiwei, Juan Araujo, Barbana Bojadzi, Hans Op de Beeck, Yoan Capote, Loris Cecchini, Elizabet Cerviño, Nikhil Chopra, Berlinde De Bruyckere, Leandro Erlich, Subodh Gupta, JR, José Mesías, Giovanni Ozzola, Serse, Nedko Solakov, Marta Spagnoli, Pascale Marthine Tayou, Nari Ward, Sislej Xhafa et José Yaque.

Réunissant des artistes issus de générations, de géographies et de pratiques différentes, Plein Soleil entend évoquer les sensations que nous associons habituellement à la saison estivale. La lumière y devient matière, les couleurs gagnent en intensité, tandis que paysages, corps et éléments naturels se déploient dans un élan de vitalité et de floraison. Entre contemplation et célébration du vivant, les œuvres présentées dans les deux galeries évoquent cette période de l’année où le temps semble s’étirer, où le regard se détend et où l’esprit se laisse porter par une forme de légèreté retrouvée.

La couleur s’impose comme la protagoniste de l’exposition, insufflant aux deux espaces une atmosphère lumineuse et vibrante. Elle convoque tour à tour les arbres en fleurs, les parasols colorés des plages estivales, l’animation des foules de touristes, les nuits étoilées, les découvertes du voyage ou encore les moments de loisir. Derrière cette apparente insouciance affleurent toutefois des questionnements plus complexes. En évoquant l’imaginaire des vacances et du temps libre,

l’exposition invite à réfléchir au privilège que représente la possibilité même de voyager et de se déplacer. Elle met en lumière les enjeux environnementaux liés aux flux touristiques et aux déplacements de masse, tout en faisant émerger leur contrepoint plus sombre: les migrations contraintes, motivées par des réalités politiques, économiques ou climatiques difficiles. Ainsi, les images de mobilité, de découverte et d’évasion se chargent d’une dimension plus ambivalente, révélant les inégalités qui sous-tendent notre rapport au déplacement.

Empruntant son titre au chef-d’œuvre cinématographique Plein Soleil, dont l’atmosphère méditerranéenne baignée de lumière crée un contraste saisissant entre la beauté éclatante des paysages et les ténèbres morales de l’intrigue, l’exposition s’inscrit dans une réflexion similaire. Contrairement à de nombreux films noirs qui se déroulent dans l’obscurité, les crimes commis par le protagoniste y sont dissimulés en plein soleil, sous une lumière qui semble pourtant tout révéler. De la même manière, Plein Soleil laisse apparaître, derrière une esthétique joyeuse et estivale, des problématiques essentielles de notre contemporanéité. Elle invite ainsi le spectateur à dépasser la séduction immédiate des œuvres pour interroger les réalités plus complexes qu’elles recèlent.

Dans l’œuvre Politics of Drawing, Oiseau, Adel Abdessemed choisit le fusain, matière instable, poudreuse, pour fixer la silhouette d’un petit oiseau posé sur une branche, convoquant d’emblée une tradition du dessin naturaliste.

Ce dessin s’inscrit dans le travail préparatoire de l’artiste autour de l’opéra Saint François d’Assise d’Olivier Messiaen, et plus particulièrement de la scène du Prêche aux oiseaux. Mais cette apparente quiétude est un leurre: la fragilité du trait transforme l’oiseau en figure de la précarité, perché sur sa branche comme en équilibre au bord du vide.

Il devient ainsi une métaphore silencieuse de l’être vivant confronté à la violence du monde, à la fois présent et menacé, libre et vulnérable.

Dans ce contexte, le visiteur est accueilli par l’installation sculpturale Colored Vases d’Ai Weiwei, dans laquelle trois vases anciens chinois, datant du Néolithique et de la dynastie Han, sont recouverts de peinture industrielle. En masquant les surfaces, l’histoire des vases n’est plus immédiatement visible, mais elle demeure présente sous la couche de peinture séchée. Leurs formes originelles, désormais obscurcies, deviennent ainsi l’image d’une histoire que l’artiste décrit comme «invisible mais toujours présente». L’iconoclasme d’Ai Weiwei invite dès lors à interroger les apparences et les valeurs que nous tenons pour acquises dans notre rapport au passé.

Cette ambivalence se retrouve dans la sculpture Fable de Hans Op de Beeck, où des oiseaux chanteurs sont figés dans une atmosphère de silence, de contemplation et d’obscurité, comme suspendus dans un rêve surréaliste. L’artiste, reconnu pour ses œuvres à l’esthétique grise, feutrée et hors du temps, comme recouvertes d’une fine couche de poussière, propose ici une lecture dans laquelle, derrière la douceur apparente suggérée par le titre, se révèle une image plus sombre: celle de deux oiseaux privés de leur vitalité, condamnés à l’immobilité.

Dans le prolongement de cette tension entre vitalité et suspension, l’exposition explore également la transformation des symboles ainsi que le détournement de matériaux ordinaires en techniques artistiques. Dans son installation Crying Form, Rising Symbol, Nari Ward s’empare de l’un des motifs les plus forts de l’iconographie, l’étoile, pour en désamorcer l’aura de gloire à travers des éléments du quotidien, tels que des lacets. Le titre lui- même exprime cette dichotomie qui traverse

l’œuvre, où une apparence marquée par la décadence coexiste avec la charge symbolique persistante de l’étoile.

Enfin, cette réflexion sur la transformation des formes et des forces naturelles se poursuit avec le diptyque issu de la série Armor de Marta Spagnoli, qui établit un dialogue visuel autour des notions de sauvage et de primordial, en lien avec la constante reconfiguration des paysages par l’intervention humaine. Des formes organiques simples, telles que des algues, sont recouvertes et transformées par des strates successives de peinture et de gestes picturaux, faisant écho à toute forme de détournement de l’environnement. Ces éléments semblent flotter, suspendus dans un mouvement collectif et tourbillonnant, évoquant un passage du chaos à l’ordre et la propension humaine à vouloir dominer la nature.

L’exposition déploie toute la complexité de la société contemporaine, dans ses contradictions et ses problématiques persistantes, avec pour intention de ne pas les dissimuler ni de les édulcorer, mais de les mettre en lumière, en plein soleil.

Galleria Continua / Paris Matignon Galerie
Plan Plan
08 Paris 8 Zoom in 08 Paris 8 Zoom out

108, rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 Paris

T. 01 53 81 87 74

Site officiel

Miromesnil
Saint-Philippe-du-Roule

Horaires

Du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h
Et sur rendez-vous La galerie est fermée le 25 décembre, le 1er janvier, le 1er mai et le 14 juillet

Les artistes

Actualité liée aux artistes