Tatiana Trouvé — Le grand atlas de la désorientation

Exposition

Installations

Tatiana Trouvé
Le grand atlas de la désorientation

Encore 6 jours : 8 juin → 22 août 2022

Centre pompidou art contemporain 13 grid Tatiana Trouvé — Centre Pompidou, Paris Le Centre Pompidou présente une exposition personnelle de l’artiste Tatiana Trouvé, lauréate du Prix Duchamp en 2007 qui tranche avec les attendus et nous propose une expérience immersive et exigeante, sans raccourci flatteur, au cœur d’un esprit à l’œuvre.

Pour cette monographie au Centre Pompidou, Tatiana Trouvé est invitée à s’emparer des quelque huit cents mètres carrés de la Galerie 3. Le dessin, qui est au cœur du travail de l’artiste depuis ses débuts, structure et recompose l’espace de cette exposition. L’ensemble de dessins réunis, dont certains grands formats spécialement conçus pour l’exposition, dans la variation des accrochages aux murs ou en suspens, dans le dialogue entretenu avec les sculptures mais aussi avec un sol entièrement recréé par l’artiste, propose un parcours pour le regard produisant une expérience de désorientation.

Le grand atlas de la désorientation

Tatiana Trouvé, en dialogue avec Jean-Pierre Criqui, commissaire de l’exposition, finalise ses dernières œuvres et réfléchit encore aux détails de son exposition.

Elle la conçoit comme une installation globale. Jean-Pierre Criqui évoque ici les principales préoccupations de l’artiste pour ce projet.

« Désorientation » est un mot qui est effectif dans le parcours qui sera présenté. Tout d’abord dans la mesure où, après le vestibule, l’espace de la Galerie 3 est laissé ouvert.

Les œuvres présentées, des dessins pour la plupart, ne sont pas accrochés sur des cimaises mais suspendus au plafond, structurant différemment l’espace. Quatre très grands formats, en cours de réalisation et donc présentés pour la première fois, sont exposés dos à dos afin de permettre une ambivalence des points de vue.

Par ailleurs, la récente série From March to May est présentée dans le vestibule de la Galerie 3.

Ce sont cinquante-six dessins sur des unes de quotidiens internationaux, réalisés durant le premier confinement, de mars à mai 2020.

Le titre de l’exposition ne renvoie pas à un thème, mais plutôt à un état mental dans le processus de création et à une expérience du regard qui tente d’échapper à toute sorte d’enfermement.

Installée à Paris au milieu des années 1990, Tatiana Trouvé a développé depuis lors une œuvre aussi vaste qu’ambitieuse, où dessin et sculpture s’entrecroisent en un mouvement de va-et-vient permanent. Son travail dans l’espace à trois dimensions procède d’une invention de lieux à (ré)habiter, tandis que sa production graphique fait surgir, comme autant de scènes, des arrangements fragmentaires d’éléments architecturaux, paysagers et mobiliers qui évoquent le rêve et ses mécanismes. L’ensemble de ses travaux est marqué par l’absence de la figure humaine, bien qu’abondent les signes de son passage et de son activité. En découle une mélancolie distincte, propre à ce monde imaginaire flottant entre abandon et possibilité de reconstruction.

Une forme d’« art de la mémoire » semble ici opérer, qui tiendrait non pas d’une technique de mémorisation, comme ce fut le cas pendant l’Antiquité ou à la Renaissance, mais d’un jeu avec l’oubli laissant au souvenir toute latitude de s’impréciser à l’image des théâtres incertains que campent les dessins, de leur composition et de la disjonction suscitée par l’hétérogénéité de leurs matériaux, qui contribuent à instaurer une énigme générale (une série des années 2010 s’intitule Les Dessouvenus).

L’« intérieur », notion des plus ambiguës en matière de bâti aussi bien que de psychologie, s’élabore ainsi comme le site par excellence de l’étrangeté. Dans cette œuvre dont la singularité et la force significatrice s’imposent aujourd’hui avec une évidence toujours grandissante.

Née à Cosenza (Calabre) en 1968, Tatiana Trouvé a passé son enfance en Afrique, à Dakar, avant de venir vivre en France où elle a fait des études d’art à la Villa Arson (Nice), suivies par un séjour de deux ans aux Ateliers 63 de Haarlem (Pays-Bas). Elle compte aujourd’hui parmi les artistes de sa génération les plus internationaux et a exposé dans le monde entier. Ses œuvres figurent dans les grandes collections publiques et privées en France comme à l’étranger. Lauréate du prix Fondation d’entreprise Ricard en 2001, elle a reçu en 2007 le Prix Marcel Duchamp et le prix Rosa Schapire en 2019.

Découvrir notre article autour de l’œuvre de Tatiana Trouvé

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Place Georges Pompidou

75004 Paris

T. 01 44 78 12 33 — F. 01 44 78 16 73

www.centrepompidou.fr

Châtelet
Hôtel de Ville
Rambuteau

Horaires

Tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h
Nocturne jusqu’à 23h

Tarifs

Plein tarif 14 € — Tarif réduit 11 €

Gratuit pour les moins de 18 ans, billet exonéré pour les moins de 26 ans. Et pour tout le monde, les premiers dimanches du mois.

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