La galerie Berthet-Aittouarès fête ses 40 ans
Il est des lieux où l’histoire de l’art se vit et s’écrit autant qu’elle s’expose, se discute et se réinvente. À l’occasion de son quarantième anniversaire, la galerie Berthet-Aittouarès a confié à l’historien de l’art Pierre Wat le commissariat inaugural d’une série de présentations puisant dans un fonds d’une richesse formidable, toujours guidé par le goût et l’intuition d’un désir sincère de formes singulières, porteuses d’une vision alternative du monde.
« La galerie fête ses 40 ans — Carte blanche à Pierre Wat », Galerie Berthet – Aittouarès du 29 mai au 18 juillet. En savoir plus La sélection offre ainsi un voyage saisissant dans cette histoire à l’œuvre, où les rencontres artistiques se conjuguent aux parcours de vie, ceux des artistes comme ceux des galeristes qui les ont accompagnés. Imposant un véritable rythme dans l’espace, l’accrochage joue des résonances et des dissonances entre des œuvres de haute tenue, où les mécaniques de prolifération s’opposent à la stase. De variations en réinventions, les repères se troublent pour embrasser la complexité de regards parmi les plus riches du XXe siècle et de certains de leurs prometteurs successeurs. Les signes et impressions d’Henri Michaux, de Jean Degottex et de Hans Hartung dessinent des paysages habités par la calligraphie végétale des arbres d’Antoine Schneck ou de Marisa Albanese. Les écritures investissent les corps chez Nil Yalter puis s’en émancipent pour devenir leur propre support avec Vera Molnar.La « ligne » pensée par Pierre Wat au centre de son commissariat renvoie à celle d’un style, d’une manière, pour chacun d’entre eux, d’avoir su trouver une expression plastique conjuguant geste et sens, un art inséparable de sa manière d’être. Le « faire », confondu avec l’être, exprime dans chaque œuvre un monde qui nous percute en tout lieu. Baya, Sophia Fassi ou encore Bertrand Hugues s’illustrent, pour leur part, à travers des compositions plus figuratives mais tout aussi vibrantes, jouant de vertus narratives non moins ouvertes.
Cette synthèse vibrante trouve son point d’orgue dans le socle placé à l’entrée, sur lequel repose un splendide coffret de Jindrich Heisler. Celui-ci surmonte, de son charme ensorcelant, les témoignages d’affection adressés aux galeristes, dont on constate que l’engagement nourrit bien plus que leur propre existence : il illumine aussi celle des autres.