O des origines — Centre Tignous, Montreuil
Dans une exploration passionnante mêlant histoire, projections fantasmées, tradition orale et invention visuelle, l’exposition O des origines interroge les récits fondateurs qui façonnent notre rapport au monde et à son devenir.
« O des Origines », Le Centre Tignous d'Art Contemporain du 7 mai au 18 juillet. En savoir plus Elle suit ainsi, avec une belle ambiguïté poétique, les multiples chemins de l’imaginaire tout en s’accrochant avec cohérence à un thème radicalement original. Dans un dialogue fécond entre pièces singulières, le parcours fait se succéder autant de portails possibles vers une préhistoire qui en dit autant de notre devenir futur. Les artistes s’emparent en effet ici de l’origine comme d’un tableau à réinvestir et offrent une variation d’inventions où rituels secrets, expressions de la nature, collaborations avec celle-ci et confrontations symboliques dressent un panorama saisissant des synthèses possibles de notre développement.Du protocole de Clément Borderie, laissant travailler la matière pour ancrer son abstraction dans un paysage qui la dessine, aux agglomérations de pierres d’Olivier Peyronnet, formant des menhirs organiques presque sensuels, en passant par les contrastes d’un corps nu ceint dans la faille d’un cocon de béton de Laurence Nicolas et la photographie surréelle d’Emmanuel Rivière, installant des surfaces ambiguës comme le paysage poignant d’un monde à découvrir, les propositions se complètent et se répondent en inventant leurs propres modes de communication.
Ni symbolique ni abstrait, l’ensemble se donne davantage à ressentir qu’à lire, sans rien enlever à la profondeur d’un propos qui se nourrit de la science autant qu’il la nourrit, en lui offrant une perspective inattendue.
Fort d’un sens du rythme enjoignant tantôt à la contemplation, tantôt à l’observation attentive — pour ne pas dire entomologique —, le parcours impose ainsi son esthétique affirmée, où l’ocre se mêle au beige. Car ici, s’il s’invente, l’art est au centre d’un jeu qu’il provoque entre les champs de la connaissance.
Dès lors, la minéralité prend vie pour dire quelque chose de nos corps et suggérer un rapport fécond à ce sol qui nous supporte et, plus encore, nous élève.