« Arnaud Labelle-Rojoux — Voyez-vous ça ! », MAC VAL Musée d'art contemporain du Val-de-Marne du 15 novembre 2025 au 12 avril 2026.
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Présentée au Mac Val, Voyez-vous ça ! offre une traversée sensuelle et déroutante de la création d’Arnaud Labelle-Rojoux, artiste singulier, écrivain, enseignant et performeur dont l’œuvre se tisse depuis les années 1980 entre humour, héritages culturels populaires et histoire de l’art. L’exposition, organisée en collaboration avec le Centre Pompidou, invente une dramaturgie faite de collisions visuelles et conceptuelles entre trois sections distinctes qui se répondent comme autant de miroirs brisés : du volume rituel de
SMS (Stop Making Sense) — série de 365 collages réalisés quotidiennement sur un an — aux confrontations inventives de
LCDB (Le Culte des Banni.e.s) et à la réactivation continue des pièces antérieures dans
++ (overmore), le parcours vibre de ses échos et inflexions, à l’histoire de l’art comme à notre quotidien.
Provoquant, fantasque, jouissif et foisonnant, l’œuvre d’Arnaud Labelle-Rojoux nous renvoie, dans un même coup d’éclat, de la géopolitique à la table familiale, de la grande littérature à la table basse d’une salle d’attente, en nous laissant, les yeux exorbités, à la merci d’une gaudriole mythologique. Débauche de sens, d’intentions et d’humeurs, d’accents et de biais, les images de l’artiste pratiquent un art du dérapage qui, non content d’embrasser son temps, semble pratiquer une computation aux accents futuristes d’événements qui, du passé, pourraient bien advenir au présent. Les mentions à l’histoire
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Vue de l’exposition Voyez-vous ça ! d’Arnaud Labelle-Rojoux, MAC VAL — Musée d’art contemporain du Val-de-Marne, 2025 — 2026
© Adagp, Paris 2025 — Photo © Fabrice Gousset
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Vue de l’exposition Voyez-vous ça ! d’Arnaud Labelle-Rojoux, MAC VAL — Musée d’art contemporain du Val-de-Marne, 2025 — 2026
© Adagp, Paris 2025 — Photo © Fabrice Gousset
se parent en effet d’une sentimentalité qui les projette dans un doute qui touche à notre futur. Une mise en regard permanente d’éléments disparates (images vernaculaires, extraits textuels, artefacts de culture rock, figures historiques ou anonymes) toute borgesienne qui fait du texte et de l’image une amorce de labyrinthe infini, menant pourtant à l’autre.
Dans ce monde de l’image en expansion autant qu’en implosion, la folie n’est que le reflet d’un cours en cours délirant qui fait se télescoper les symboles et unit, dans un même mouvement, le sublime au grotesque. Dans un format volontairement contenu et intelligemment mis en espace, le Mac Val joue de la verticalité pour saturer l’horizon et jouer, comme l’artiste, de l’esthétique du choc et de la concordance des médiums, sans jamais perdre de vue le goût de la beauté, l’efficacité du geste.
Dans un reflet, une découpe, une association, son art de la composition met l’humour en ordre de bataille à l’assaut du sens et, dans l’excès, chaque proposition vaut en soi. Car la beauté, singulière, revient toujours ; et ça se voit.