Salon de Montrouge 2026
Alexandre Nitzsche Cysne :
Un plaisir de la matière qui se décline avec bonheur et obéit à sa capacité de faire forme singulière, rompant avec la sérialité qu’elle semble annoncer à travers une sensibilité qu’elle découvre.
Clémence Gbonon :
Clémence Gbonon poursuit une œuvre plastique remarquable (et déjà remarquée) en se concentrant sur une part plus viscérale qu’attendue et en présentant déjà une évolution subtile, plus expérimentale qu’enfermée dans la séduction.
Joséphine Topolanski :
Accueillant ou exfiltrant, l’installation de Joséphine Topolanski nous jette en plein doute, jouant des contrastes de la matière chaleureuse et de sa teinte glaciale, de la familiarité de ses motifs et de leur étrangeté confinant à un rituel qui nous exclut.
Oscar Lefebvre :
À travers un tableau, un simple regard qui se cache, Oscar Lefebvre fait résonner l’histoire de l’art (la grande peinture) avec le présent le plus brûlant, celui des affres d’une jeunesse qui s’efface autant qu’elle peut se voir, dans la confrontation à l’autre, effacée.
Ladji Diaby :
Ladji Diaby présente une installation marquante qui imagine un lit « tuning » en embrassant la culture populaire, la fantaisie de l’enfance, la sociologie et l’avant-garde esthétique, devenue îlot encombrant et massif où le symbole absolu de l’intime se fait étalage de représentations que plus personne ne peut même toucher.
Célia Boulesteix :
Une force plastique par le vide qui use intelligemment de la matière pour tordre la droiture des cimaises et acérer les restes d’un cimetière industriel afin de penser une pouponnière post-apocalyptique.
Brice Robert :
Un étrange contre-pied sentimentaliste à l’hyperréalisme qui, à travers des détails tronqués, des erreurs manifestes — peut-être abandonnées au vide — déjoue l’attention en faisant entrer l’étrange dans un quotidien plus magique que magnifié.
Thomas Moësl :
Une bizarrerie et une inquiétude généralisée, dont l’ambition et la méticulosité de la production totale (un spectacle son et lumière dans la cuisine désertée de l’espace) mènent à une morbidité jouissive et à un effroi délicieux.
Caroline Mauxion :
Indéniablement efficace et magnétique, le travail de Caroline Mauxion cache pourtant une fragilité complexe qui, plus que conjurer la non-conformité, l’intègre matériellement à une logique de reconstruction qui assimile l’alternative et digère l’altérité.
Dayane Obadia :
Dayane Obadia assume et dompte l’excès pour repeindre, à grands renforts de rêves pavillonnaires et de fantasmes urbains, une mythologie boursouflée de sa suffisance et grosse de sa symbolique exilée ; à travers les époques comme à travers les ordres (divin, fantaisiste, naïf, grotesque, historique), les images se télescopent sous les yeux exorbités de corps sourds à la réalité d’un monde qu’ils habitent en anges impuissants. Un crash formidablement métaphorique qui déplace la violence du choc dans la moindre de ses attentions.
Zoé Bernardi :
Zoé Bernardi élabore une auto-documentation comme matériau premier d’une sociologie alternative, créant à l’échelle de la mise en scène locale la performance d’une réalité globale dont l’inventivité offre une perspective troublante, brouillée et profondément vraie sur le monde alentour.